une review interessante:
http://www.foutraque.com/chronique_concert.php?id=2572
photos sur le lien
Je ne pensais jamais voir ce jour, tellement rêvé et espéré. Après avoir raté leur dernier passage à Bercy le 8 juin 2000, mais aussi au Mexique en 2003, je m’étais fait à l’idée que je ne verrais plus un de mes groupes préférés en live, voire en très grande forme physique. Mais cette première date en province dans l’histoire du groupe de Seattle (hormis leur participation aux Eurockéennes de Belfort en 1992) est pour moi une très belle séance de rattrapage. Bien sûr, Pearl Jam ne joue pas avec l’énergie des années grunge en sautant dans tous les sens. A l’époque, on aurait cru à des lions échappés de leur cage. Aujourd’hui leur fureur est intérieure et finalement leur jeu, plus nerveux. De plus, ce vrai groupe d’amis se connaît maintenant parfaitement. Cet automatisme permet de laisser place à l’improvisation et atteindra son summum avec une version incroyable de Porch (10 minutes !). En tout cas, avec un dernier album énergique, taillé pour la scène, le groupe a retrouvé le plaisir de monter sur les planches. Il n’y a qu’à regarder les set-lists de cette tournée mondiale en cours pour voir que chaque soir elle est différente. De plus la situation politique américaine donne au groupe une rage supplémentaire.
Pearl Jam
Pearl Jam le démontrera durant plus de 2 heures devant un public nombreux et acquis d’avance à la cause du combo de Seattle. Au final, ce groupe rare et pratiquement oublié en France réussit à remplir de belles salles, comme le Dôme de Marseille. On y trouve des trentenaires mais aussi de jeunes gens, des chemises à carreaux mais aussi des filles et pas mal d’étrangers (une bonne délégation espagnole, des drapeaux argentins, canadiens, brésiliens…). Un public dévoué avec une ferveur jamais entendue (pour ma part) à ce point en concert. De mon côté, je ne crois jamais avoir eu autant la chair de poule à l’écoute de certains classiques. Après la première partie assurée par My Morning Jacket, la tension monte d’un bloc à l’attente (trente minutes) du groupe américain.
Vedder
Notre patience est récompensée par un magnifique et méconnu morceau de Pearl Jam - Long Road, écrit lors de sessions avec Neil Young (en 1995 durant l'enregistrement de Mirrorball) montre toute l’étendue et la force de la voix d’Eddie Vedder. Ce calme moment passé, le groupe enchaîne à toute allure : Why Go, Do The Evolution et Severed Hand. La fosse est déjà dans tous ses états. Le groupe revisite l’ensemble de ses albums à l'exception de Binaural et Riot Act (les LP's les moins aboutis) hormis un titre issu d'une face B publiée à cette période, Down. La part belle est donnée à l’album Ten avec 7 chansons. Sur Even Flow, on a droit à un solo du batteur Matt Cameron digne de Led Zeppelin tandis que le public reprend en chœur Black accompagné par l’orgue d’Adam Kasper et s’extasie sur l’hymne Alive joué dans une version dantesque. Après toute cette énergie, les belles balades comme Ederly Woman… ou Off He Goes font un bien fou. Sur Wishlist, Vedder improvise quelques paroles liées à l’actualité. Mais ce dernier est moins bavard qu’à son habitude. Il balbutie difficilement quelques paroles en français, mais paraît enthousiaste accompagné de sa bouteille de vin (du Côte du Rhône ?). Par contre, je n’arrive pas à comprendre pourquoi Mike McCready est parfois situé aussi loin des autres, prenant quelques poses ridicules et pas naturelles avant quelques solos par moments un peu trop long. Mais ce dernier se rattrape en sortant quelques sons distordus de sa guitare. Ces véritables fans de musique n’oublient jamais de remercier leurs aînés en reprenant leurs titres préférés. Ce soir, on aura droit à I Believe In Miracles des Ramones et à l’efficace Fuckin’Up de Neil Young pour clore le concert. Et le show s'achevait déjà ! J’aurais bien écouté Daughter, Reaviewmirror et autres Jeremy. Cela sera pour la prochaine fois. Messieurs, revenez donc plus rapidement et plus longtemps sur notre sol !