Santana

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Message par Riotact » Mar Mai 16, 2006 1:42 am

Carlos Santana entraîne Wembley dans les étoiles

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u début des années 1970, les concerts de Carlos Santana, né au Mexique le 20 juillet 1947, débutaient par une invite au public à faire une minute de silence tandis que le guitariste américain et ses musiciens entraient en scène. Une manière de participer à leur concentration. Puis la furia musicale mêlant rock, rythmes latinos et improvisation jazz-rock débutait. A la Wembley Arena, salle de concert qui jouxte le célèbre stade londonien, le vol d'une colombe projeté sur un écran amorce le rite. Puis en quelques secondes s'impose le sentiment que, ce vendredi 12 mai, Carlos Santana va éblouir. Et un Santana qui a encore plus envie de jouer que d'habitude, lui qui ne sait être musicalement qu'entier et généreux, cela donne du super Santana.

Aux dires de Néerlandais qui suivent toute la tournée européenne d'avril à juin - avec une étape au Palais omnisports de Paris-Bercy le 15 mai -, maître Carlos est chaque soir dans cet esprit. Il sautille, arpente la scène, a de grands sourires. Quelques gros plans sur écran et pas d'autres effets que la joie de la musique.

Le concert a débuté par Jingo, extrait du premier album de Santana tout juste révélé lors du festival de Woodstock en 1969. Notes accélérées à la guitare, montées infinies dans les aigus, la distorsion mêlée de sustain - effet de son tenu - produite par quatre gros corps d'amplificateurs reliés entre eux, le contrôle inouï du larsen. La guitare de Carlos Santana est unique, toute en jaillissement. La machine à percussions (Raul Rekow et Karl Perazzo), orgue (Chester Thompson), cuivres et batterie (Dennis Chambers) tourne à plein régime.

Cela va durer deux heures quinze. Quelques extraits du dernier album en date, All That I Am (Arista/Sony-BMG, 2005). Le megatube Maria Maria en est tiré. Il permet de hurler à tue-tête le refrain "Viva Carlos Santana", plus qu'adéquat ce soir. Puis viennent les titres des trois premiers albums, joués et rejoués depuis plus de trente ans. A Wembley, cela emmène dans les étoiles. Au coeur du concert, il y a Incident at Neshabur, avec citations de Fool on the Hill des Beatles, de Jean Pierre de Miles Davis, le virage blues. No One to Depend On, le triptyque Black Magic Woman, Gypsy Queen, Oye Como Va. Comme s'il venait d'être inventé ; écouté comme si on ne l'avait pas écouté cent fois. De passage, Michael Shrieve, le premier batteur du groupe, qui tout gamin avait épaté Woodstock, se met derrière les fûts. C'est l'extase.

Pas de nostalgie, mais des airs plus familiers que d'autres, que Santana réinvente encore et encore. Les congas, timbales, bongos se chevauchent, Thompson fait gronder ses sons d'orgue Hammond. Soul Sacrifice, Evil Ways. En finale, A Love Supreme, le chant de John Coltrane qui passe par la voix de Santana. Doucement il cite les noms de Martin Luther King, Desmond Tutu, Nelson Mandela, de Miles Davis, Coltrane, Bob Marley, Bob Dylan... Une ultime note lumineuse.
Riotact
 

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