Le samedi 07 juillet 2007
Nickelback : l’envers de la médaille
Malgré 30 millions d’albums vendus sur la planète, Daniel Adair (batterie), Mike Kroeger (basse), Chad Kroeger (voix, guitare) et Ryan Peake (guitare) demeurent
la tête de Turc des médias et de certains pairs.
Québec
Ils ont, à ce jour, vendu près de 30 millions d’albums sur la planète. Sans le chercher, on peut aussi bien les entendre à Sydney, en Australie, qu’à Chibougamau, au Québec. Pour les rockers de Nickelback, le succès n’a toutefois rien d’un long fleuve tranquille. Tête de Turc des médias et de certains pairs, qui remettent en question sans ménagement l’authenticité de sa démarche, le groupe originaire de Hanna, en Alberta, a la couenne sensible. Comment garder l’équilibre lorsque, d’un côté, on est adulé du public, et que de l’autre, on est constamment attaqué par la critique ?
Au bout du fil, la relationniste est intraitable. « Le groupe accepte de vous parler seulement si la conversation demeure positive. On me demande également de rester sur la ligne pour intervenir en cas de besoin... »
Dans l’univers bipolaire de Nickelback, pareille mise en garde ne surprend pas. Défrayant plus souvent la chronique pour les incartades de son chanteur — la dernière remonte à mai, alors qu’il se serait battu dans un bar de Vancouver après qu’un client l’eut insulté — que pour ses nombreux exploits musicaux (Billboard Music Awards, American Music Awards, World Music Awards, etc.), le quatuor se tient, à juste titre, sur ses gardes.
Cela n’empêche pas Nickelback, aidé par un dernier album explosif, All the Right Reasons (2005), de poursuivre une incroyable avancée, qui a été saluée cette année par une étoile sur la Promenade des célébrités canadienne. Ce faisant, le groupe demeure également fidèle à la trajectoire post-grunge qu’il épousait il y a un peu plus de 10 ans.
« Notre réaction, c’est de se concentrer sur l’aspect positif des choses », a fait savoir au Soleil un Ryan Peake fort heureux de renouer avec la ville de Québec aujourd’hui, à l’occasion du Festival d’été.
Sur la route
Depuis deux ans, le guitariste et ses collègues Chad Kroeger (voix, guitare), Mike Kroeger (basse) et Daniel Adair (batterie) ont élu domicile sur la route, parcourant la boule bleue en tous les sens. En plus de raffermir leurs assises dans différents marchés, ce régime militaire leur permet de jouir pleinement de l’aspect le plus satisfaisant du métier : la scène.
« Les gens qui nous entourent nous rappellent régulièrement qu’on travaille trop... Mais on ne se fatigue pas de le faire. Et on espère que le public ne se fatigue pas non plus de nous voir. Heureusement, nous sommes dans une situation idéale où nous pouvons dicter nos conditions de tournée. (...) Par exemple, je voyage désormais avec ma petite famille. Je fais partie des privilégiés qui ont leur propre autobus. Je pense souvent aux groupes qui n’ont pas cette chance et qui doivent laisser leurs proches derrière eux... On sait la chance que nous avons », a-t-il fait savoir.
Si cette chance est venue au prix de travail acharné, elle est également redevable à l’ouverture exceptionnelle des ondes radiophoniques pour la musique de Nickelback.
« Jamais on n’a pensé qu’on pouvait atteindre ce niveau de succès, a admis le guitariste. Après Silver Side Up (2001), on croyait que c’était fini. Mais au contraire, c’est devenu une sorte de tremplin. Aujourd’hui, on est connu comme étant le groupe qui chante How You Remind Me. C’est devenu notre Hotel California à nous ! C’est pour ça qu’on ne rechigne jamais à la jouer. Les gens veulent encore l’entendre. »
Quiconque a déjà assisté à une prestation de Nickelback sait que la formation ne lésine ni sur l’énergie, ni sur les effets spéciaux déployés pour soulever les foules. À cet égard, le groupe est de ceux qui croient que c’est d’abord sur scène que se bâtit une réputation.
« On a toujours vu les choses de cette façon. Et puis, quand on arrive à un certain niveau, c’est agréable de pouvoir ponctuer ses spectacles d’éléments visuels comme des pièces pyrotechniques. On préfère réinvestir les profits dans les spectacles que de les mettre dans nos poches. On gagne suffisamment bien nos vies. Ce qu’on veut surtout, c’est que les fans aient envie de revenir. »
L’urgence de se prouver
Malgré ses succès, Nickelback n’a jamais perdu le sentiment de devoir se prouver aux yeux du monde, et ce, autant en ce qui a trait à sa musique qu’à sa pertinence.
« Chaque fois qu’on franchit un palier, ça devient de plus en plus difficile de se renouveler. Et puis, on n’a plus la même liberté de créer qu’avant. Moi, j’ai deux enfants. Ça laisse peu de temps à consacrer à la composition ! Sans compter qu’on est constamment sur la route... » a laissé entendre Ryan Peake.
Soirées difficiles
En soi, la vie de musicien de tournée comporte ses propres défis. Offrir un spectacle dans le cadre d’un festival, par exemple, n’a rien à voir avec une prestation en salle devant ses propres fans.
« C’est tout à fait différent. Ça peut même être angoissant pour un groupe comme le nôtre. Parce qu’on a des fans incroyables, mais aussi de fantastiques détracteurs... Chaque fois qu’on monte sur scène dans le contexte d’un festival, on y va avec la volonté de convertir les profanes. (...) Certains soirs, on travaille fort ! » a confié le guitariste, se souvenant avec force détails de la première partie des Rolling Stones à Moncton il y a deux ans. « La veille, les fans des Stones avaient lancé des pommes et des tomates à Bon Jovi. C’était comme partir en guerre... »
Ce sont ces soirées difficiles qui remettent le succès en perspective pour Nickelback. « C’est pour ça qu’on bosse aussi fort. On a les pieds bien sur terre. »
À Québec, le quatuor devrait se produire en sol conquis, si on se fie à sa dernière visite au Colisée, en février 2004. Chose certaine, le groupe a bien hâte d’offrir au public de la capitale des succès tels que Photograph, Someday et, oui, How You Remind Me à l’occasion d’un spectacle intitulé Seventh Heaven (Septième ciel) pour le septième jour du septième mois de l’an 2007.
« On adore Québec. Je me souviens de notre premier spectacle chez vous... C’était au Dabogert, je crois. On avait eu vraiment beaucoup de plaisir ! (...) C’est dommage qu’on n’ait pas pu venir à Québec pendant cette tournée-ci. C’est pour cette raison qu’on tenait à venir au Festival d’été. On a organisé notre horaire de tournée autour de ce spectacle », a terminé le guitariste, qui entendait, au moment de l’entrevue au Soleil, arriver un jour plus tôt pour pratiquer son français et visiter en compagnie de sa petite famille.
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