Les Doors ont souligné leur 40e anniversaire à Los Angeles, mercredi
La dernière fois que les Doors ont joué au Whisky a Go Go, sur le fameux "Sunset Strip", c'était le 21 août 1966 et les paroles rebelles et l'allure de chaman de leur chanteur Jim Morrison avaient enflammé la foule.
Le groupe, dont le son caractérise particulièrement bien les années 1960, avait été viré de ce fameux club le soir même. Morrison, le claviériste Ray Manzarek, le batteur John Densmore et le guitariste Robby Krieger n'y ont jamais rejoué. Pas avant mercredi dernier.
Les trois membres restants du groupe, tous dans la soixantaine, ont célébré le 40e anniversaire du groupe par une performance éblouissante au "Whisky" par Manzarek, Krieger et des musiciens invités. Ils ont entre autres succès interprété "L.A. Woman" et "Light my Fire".
Densmore, persona non grata depuis une poursuite l'opposant à ses anciens confrères concernant l'utilisation du nom du groupe, s'est présenté au club, mais n'a pas joué. Un juge a décrété l'an dernier que lui et Manzarek ne pouvait plus s'appeler The Doors ou utiliser toute image représentant Morrison pour faire la promotion d'une version renouvelée du groupe.
Plus tôt en soirée, Densmore a montré tout son savoir-faire aux tam-tams et a fait la lecture de quelques extraits des écrits, de Morrison - des poèmes sombres, lourdement chargés de sexualité et quasi-politiques - au "Book Soup". La librairie occupe les locaux de "Cinamtique 60", l'ancien repère de Morrison. Tous trois ont par contre signé des copies d'un livre récemment paru, "The Doors by The Doors".
"Je le fais pour rendre hommage à l'inspiration musicale, ou appelez-là comme vous voudrez, qui a fait en sorte que nous sommes devenus ce que nous sommes, a dit Densmore. Même si nous avons quelques petites confrontations présentement, Ray et Robby sont mes frès musicaux. Je pensais que si nous tenions 10 ans, ce serait fantastique, alors imaginez ce que je ressens à fêter nos 40 ans!"
Des centaines de fans - des parents avec leurs petits ou encore des jeunes de 21 ans ébahis devant ces rockstars vieillissantes - étaient hystériques de pouvoir les rencontrer, même sans la présence du mythique Morrison, mort d'une insuffisance cardiaque en 1971, alors qu'il n'avait que 27 ans, mais après avoir vécu intensément, c'est le moins qu'on puisse dire.
"L'amitié de Jim me manque, a déclaré Manzarek dans une entrevue téléphonique. D'un point de vue artistique, il était un grand poète. C'est à cause de ses poèmes qu'on a mis sur pied le groupe, pour les marier au rock and roll, comme les beatniks l'avaient fait avec le jazz."
Morrison demeurera toujours l'icône d'une génération. Bien qu'il soit impossible de dire ce qu'il se serait passé s'il avait vécu plus longtemps, Krieger accepte de nous confier ce qu'il en pense.
"Jim Morrison n'est pas le genre de gars qui aurait bien vieilli, a-t-il avoué. Il serait complètement disjoncté. J'aimerais qu'il soit encore des nôtres et que nous fassions toujours de la musique."
Juste à côté du Whisky, le Cat Club - qui était autrefois le London Fog, le prmeier club où les Doors ont joué - une file d'admirateurs se sont déplacés pour venir saluer Manzarek, qui présentait une version miniature du musée visant à rendre hommage aux Doors qui doit ouvrir ses portes l'an prochain.
Et, comme il se devait, la soirée s'est terminée en musique.
De l'encens a envahi l'air chaud tandis que des spectateurs s'assoyaient pour s'imprégner de la lecture de Densmore, tandis que le chanteur de Linkin Park Chester Bennington et l'ancien chanteur de Jane's Addiction Perry Farrell ont récité quelques extraits de "An American Prayer".
Plus tard, les deux chanteurs ont fait grimper le son d'un cran au Whisky avec Kriger et Manzarek, accompagnés par les membres de Satellite Party et de Slash, l'ancien guitariste de Guns N' Roses.
Alors qu'un Manzarek portant des lunettes frappait les touches de son clavier, Krieger improvisait à la guitare.
Bien que ni Bennington ou Farrell n'ait pu rivaliser avec la prestance de Morrison et que l'absence de Densmore s'est faite sentir, les spectateurs ont bruyamment applaudi la performance, donnant raison aux propos de Manzarek.
"Tu joues de la musique tant que tu peux respirer. Quand tu arrêtes de respirer, tu arrêtes de faire du rock and roll. Le rock and roll ne mourra jamais. Il sera toujours présent, jusqu'à la fin des temps."