Ta description m'a fait penser aux Rougon-Macquart: pauvreté, alcool, violence conjugale, fortunes diverses. (Mais j'en suis pas au point d'avoir envie de le lire, me demande pas pourquoi.)
Et donc, ça tombe bien vu que les Rougon-Macquart, je suis toujours dedans.
Au bonheur des dames: un des meilleurs romans de la série pour le moment. Il fallait le faire pourtant, intéresser un lecteur qui ne déteste rien de plus que de faire les magasins avec un roman sur le commerce du chiffon et l'émergence des grands magasins au détriment des petits. Je sais pas pourquoi, j'ai aimé ça. Peut-être que c'est bien écrit, allez savoir. Avec un happy end en prime, ce qui est exceptionnel chez Zola.
La joie de vivre: j'y vois encore un interlude, comme Une page d'amour. J'ai toujours un peu de mal avec les personnages excessivement naïfs ou gentils (ici une jeune orpheline recueillie par de lointains parents), qui se font piquer leur fric par leur famille sans rien dire et en tendant la joue gauche. C'est pas la première fois que je prends Zola la main dans le sac. Balzac aimait ça aussi, je comprends pas pourquoi. Le roman est un combat du pessimisme contre l'optimisme (un optimisme masochiste en plus). Je sais plus qui gagne à la fin.
Germinal: je vous ferai pas l'injure de dire quoi que ce soit sur ce roman. Chef d’œuvre, point. Mon seul regret, j'avais en permanence Renaud, Miou-Miou et Depardieu à l'esprit. C'est pas pire qu'Aznavour pour Le père Goriot mais c'est plus long.
L’œuvre: encore un excellent roman (mon préféré?). On y découvre le milieu de la peinture de l'époque (nouvelle école, salon des refusés, rivalités, hypocrisie de la critique). Zola le rend passionnant. Un peintre prometteur mais raté (le Claude du Ventre de Paris), une histoire d'amour magnifique mais vouée à l'échec et des morts juste comme il faut, que demander de plus. J'ai aussi adoré le personnage de Sandoz, ami fidèle du peintre maudit, auteur qui monte, mais quand même désabusé, bref Zola lui-même.
La terre: "Y en a un peu plus, je vous le mets quand même?" J'ai vraiment eu l'impression que Zola avait un compte à régler avec la paysannerie. Contrairement à Germinal, qui paraît à tout moment vraisemblable malgré sa violence, La terre est dans l'excès, à chaque page. L'ordure y est systématique, l'avidité extrême et les relations humaines (principalement familiales) abominables, sans le moindre bémol. Forcément, on ne peut que plaindre Jean Macquart, qui n'est pas chez lui, ne fait pas partie de la famille. Ça se lit agréablement mais on a du mal à y croire.
Le rêve: le roman intemporel de la série. On pourrait sans problème placer l'intrigue vers la fin du Moyen Âge: une jeune brodeuse adoptée, un fils d'évêque riche, une procession religieuse, une histoire d'amour impossible. Pas grand chose à se mettre sous la dent mais heureusement le roman est court, le plus court de la série.
La bête humaine: pas relu (voir beaucoup plus haut), par contre j'ai vu le film avec Jean Gabin. A part les très belles images dans la locomotive, ça ne vaut pas grand chose. L'histoire est bien trop amputée d'une série d'événements majeurs pour qu'on y comprenne quelque chose. Ah merci bien le cinéma. Lisez le bouquin, nom d'une Chouffe au fût.
Allez, plus que trois et je peux me replonger dans Dostoïevski.
J'ai téléphoné à Stutz.