Yeah, c'est le grand jour
Un vent prodigieux porte Led Zeppelin
ROCK. Le band se produit ce soir à Londres et fait des millions d'envieux. Une suite s'annonce
«Ce groupe va couler comme un dirigeable de plomb.» L'apprenti prophète et accessoirement donneur de rythmes des Who, Keith Moon a dû regretter de son vivant l'erreur d'appréciation. Peut-être. Son pronostic sibyllin, inscrit depuis sous l'année 1968 dans l'almanach peu fiable des légendes rock, aura eu au moins le mérite de suggérer le nom Led Zeppelin à Robert Plant et Jimmy Page, alors compères débutants dans les New Yardbirds. Quarante ans plus tard, le légendaire band anglais qui a posé les premiers jalons du heavy metal - entre autres - donne encore une fois tort au détracteur. Ce soir, le retour aux affaires pour un one-shot du dirigeable dans la soucoupe londonienne du O2 Arena, est l'événement qui va marquer l'année 2007. Les trois membres historiques du groupe reprendront du service, accompagnés à la batterie par Jason Bonham, fils de «Bonzo».
Le buzz qui a enveloppé cette reconstitution est sans aucune commune mesure avec ceux de Police, Deep Purple, Sex Pistols et autres gloires aux tempes grisonnantes. Led Zeppelin est encore une machine capable de créer un appel d'air crédible là où les autres revenants ont fait penser à l'opportunisme pécuniaire. Dans les heures qui ont suivi la mise en vente des 20000 places à disposition, des millions de fans dans le monde ont tout fait pour assister à l'événement. Quelques-uns y sont parvenus en piochant dans un compte bancaire qu'on imagine substantiel. Comme Kennet Donnell, Ecossais peu radin qui a déboursé 116000 euros (192000 francs) pour deux billets.
Au total, on parle de 25 millions de demandes restées inassouvies. Une vague démesurée et difficile à comprendre. Car si Led Zeppelin avait disparu des scènes depuis 1980, après le décès brutal de son batteur John «Bonzo» Bonham, ses deux pilotes, le chanteur Robert Plant et le guitariste Jimmy Page, ont continué à faire vivre l'essence du groupe lors de retrouvailles très médiatisées. On se souvient notamment de celle qui a abouti à l'album No Quarter: Jimmy Page and Robert Plant Unledded (1994), où le duo reprenait les titres du band en y injectant des sonorités orientales. Visiblement, cette présence en filigrane n'a pas essoufflé les fans. La preuve encore, par les files interminables postées hier devant l'ancien Dôme du Millénaire, où il fallait patienter plusieurs heures avant de toucher le précieux sésame qui donne accès au concert. Mais l'attrait de ce concert unique pourrait se diluer: Led Zeppelin serait en effet tenté de poursuivre son aventure dans une tournée américaine qu'on annonce pour 2008.
Hypothèse saugrenue? Pas pour Jimmy Page, le plus enthousiaste des quatre à vouloir jouer à l'artiste «on the road». Pas pour l'industrie qui entoure le groupe, non plus. Car Led Zeppelin n'a pas fait que reconquérir ses fans. Le géant iTunes, par exemple, a réussi, après une longue procédure, à importer sur sa plate-forme l'intégralité du catalogue du dirigeable. C'était le 13 novembre dernier. Quelques semaines plus tard, l'affaire grossissait: l'opérateur Verizon Wireless s'associait au groupe pour diffuser aux téléphones portables les sonneries de ses grands tubes. Les quatre musiciens se sont aussi donné une visibilité sur le Net, en ouvrant leur propre site (
http://www.ledzeppelin.com). Et puis, il y a eu la sortie récente du coffret Mothership, anthologie de 24 titres qui ont jalonné 12 ans de carrière, accompagnée par le DVD du film The Song Remains the Same.
Tout dit donc que l'histoire ne va pas s'arrêter là Ce concert à la mémoire d'Ahmet Ertegun, patron du label Atlantic n'est peut-être qu'un ballon d'essai. Mais cette tentative aura porté ses fruits bien avant la montée sur scène de Led Zeppelin ce soir à Londres. Le dirigeable n'est pas encore dégonflé.
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Les fans de Led Zeppelin retirent leurs billets hautement protégés
LONDRES (AFP) — Les fans de Led Zeppelin ont patienté plusieurs heures dimanche pour mettre la main sur le précieux sésame, attribué par tirage au sort parmi plus d'un million de candidats, qui leur permettra d'assister lundi à l'unique concert de retrouvailles du groupe de rock.
Afin d'éviter toute spéculation avec la revente des billets notamment sur les sites de vente aux enchères, des mesures de sécurité sans précédent avaient été mises en place: les 20.000 billets à 125 livres l'un (175 euros) n'étaient disponibles qu'à partir de dimanche et ne pouvaient être retirés à l'Arène O2 (ex-Dôme du Millénaire), où se joue le concert, que par les personnes dont le nom avait été tiré au sort.
Pour confirmer leur intérêt, elles avaient précédemment reçu un mot de passe à utilisation unique.
Pour pouvoir enfin tenir leurs billets, les heureux vainqueurs devaient présenter dimanche une pièce d'identité et, pour éviter toute cession de dernière minute, un bracelet à fermeture inviolable a été attaché au poignet de chaque futur spectateur avec consigne de ne pas l'enlever avant le concert.
"Nous voulons simplement être sûrs que les fans qui veulent assister au concert aient les billets", a déclaré à la BBC Harvey Goldsmith, promoteur du concert, tout en admettant qu'il n'existait pas de système infaillible.
"J'ai attendu longtemps pour les voir", a déclaré Tom, qui a fait le voyage du Canada avec son épouse Caroline. "Nous sommes là depuis environ cinq heures et c'est bientôt à nous", a-t-il ajouté alors qu'une longue file d'attente s'étendait à l'extérieur du complexe de loisirs.
Le leader Robert Plant, le guitariste Jimmy Page et le bassiste John Paul Jones, seront accompagnés de Jason Bonham, fils du défunt batteur John Bonham dont le décès en 1980, étouffé dans son vomi après une orgie de vodka, avait sonné le glas du groupe.
Ces sexagénaires ont promis de donner le maximum lors de cette soirée unique en hommage à Ahmet Ertegun, fondateur --mort fin 2006-- de la maison de disques Atlantic Records qui avait "signé" le groupe en 1968. Prévue le 26 novembre, elle a dû être repoussé car Plant s'est fracturé le petit doigt gauche en trébuchant dans son jardin.