Et bien voilà c'est fait, ils sont passés par la France!
J'étais au Trianon ce vendredi mais n'ai pas pu me faire une petite doublette avec le concert de samedi...
3e fois pour moi après Bercy 2004 et Zenith 2006, ça commençait à remonter un peu cette affaire... Et bien je peux vous dire que j'ai grave pris mon pied!!
Il faut dire que les 5 furieux font vraiment partie de mes groupes favoris. J'adore leur son, leur atmosphère, leur univers, les paroles et la voix de Chino, les riffs de Steph, le martelage de fûts d'Abe. J'avoue que ce groupe exerce une certaine fascination chez moi, c'était donc un réel plaisir de les retrouver pour une performance live. Ce d'autant que Koi No Yokan tourne en boucle depuis qqs mois maintenant
Bercy m'avait déçu : dans la fosse on survivait plus qu'on ne vivait surtout au début du show, le son était brouillon tout comme le groupe que je n'avais pas trouvé au sommet de son art loin de là... du Deftones malheureusement fidèle à sa réputation d'alors en live, l'immense enceinte du POPB n'arrangeant rien...
Mieux, beaucoup mieux au Zénith 2 ans après, beaucoup plus d'energie, un bien meilleur son, une setlist de malade mental et une ambiandce en fosse bien moins pénible.
Et voilà donc le Trianon 2013! En arrivant dans cette salle que je ne connaissais pas, je n'ai pu m'empêcher de ressentir un sentiment étrange en me disant que les gars de Sacramento allaient ici où on s'attend plus à voir jouer du Mozart ou du Bach! (clichés quand vous nous tenez...)
Premier chose visible en sortant du métro, le massif tourbus des garçons, nous voilà rassurés, ils sont là! Bon aller, une bière...
On s'est "un peu" attardé (ce qui, dans le jargon, veut dire que nous avons bu au final un peu plus qu'une seule bière

), du coup nous avons loupé la 1ère partie...
A peiné passé 20h30, les lumières s'éteignent, l'ambiance monte d'un, 2, 3, 4, de milliers de crans!! Public méchamment au taquet, Deftones est très attendu! Etant arrivés un poil à la bourre, nous sommes complètement sur le côté, sous les balcons, merde...

Par quoi vont-ils entamer? Vont-ils être à la hauteur? Le son dans cette salle est-il bon? Steph va-t-il sourire? Autant de question existentielles qui fusent dans ma tête à ce moment là. C'est parti...
Et c'est le (très) lourd riff de Diamond Eyes qui se répand comme un vrai souffle d'explosion dans un Trianon dont on se demande s'il va tenir le choc! Très vite suivi par la voix de Chino. Même d'où nous sommes à ce moment là, le son fait plus que tenir la route et monsieur Moreno est en voix, c'est d'emblée assez clair et ça fait plaisir en plus du côté rassurant!
Il semblerait que l'arrêt de la picole et autres substances blanchâtres à sniffer en quantités industrielles soit très très mais alors très bénéfique au sieur Moreno!

Il est beaucoup plus en place, plus en voix, plus présent tout simplement.! Fini le regard ahuri et l'air d'être loin tellement loin qu'en dehors de qqs moments de lucidité, on se demandait bien ce qui pouvait se passer sous ce crâne. Là c'est toujours le cas mais c'est plus... sain

Parce qu'en revanche l'énergie parfois presque flippante est toujours là! Clair, il y a moins de "defscreams", d'ailleurs la setlist et même l'évolution musicale du groupe tout simplement, y sont moins propices mais quel régal que cette voix! Tellement unique, tellement partie intégrante des mélodies, de la musicalité des compos du groupe. Moi cette voix elle me fait planer

une telle palette vocale entre envolées lyriques, rage et douceur, tellement bluffante à mes oreilles! Vraiment heureux de pouvoir enfin en profiter pleinement en live! Sans compter qu'au passage cela permet aussi de profiter des paroles que je trouve toujours très soignées chez Moreno. J'ajouterai qu'on a eu droit à un Chino plutôt communicatif et assez plaisantin!
Attention tout n'est pas parfait évidemment mais Chino, en dehors de réels progrès à ce niveau je le répète, a aussi qqs petits "trucs" qui traduisent une bien meilleure maîtrise de cette voix qu'il a le génie (ah non je n'ai pas peur des mots!) d'utiliser comme un instrument à part entière même si ces derniers mots sonnent très clichés... Il force beaucoup moins, quand il sent que ça peut avoir du mal à passer : hop! un petit changement de ton, de mélodie, toujours bien senti, hop! je laisse parfois le public prendre le relais, hop! tiens Sergio à toi! Le bémol c'est que, ok, la voix était un peu en dessous dans le mix, pas énorme, mais juste ce qu'il faut pour que, peut-être, certains pains ne soient pas trop flagrants mêmle si franchement je n'en ai que très peu entendu... Ceci étant dit, je persiste, je signe et je radote, putain de progrès de Chino niveau vocal en concert! J'en fais des caisses et tout un pavé car pour moi ça a été un enchantement et la vraie très bonne surprise de ce show! Non pas qu'en 2004 et 2006 c'était inécoutable (quoiqu'on peut discuter pour Bercy....) mais ça leur a tellement été reproché (souvent à juste titre) par le passé que c'était un vrai bonheur de constater ce vrai mieux!
On enchaîne avec Poltergeist, là encore gros riff bien lourd, la 8

cordes de Steph nous en met plein la tronche et c'est bon! Dieu que cet engin est impressionnant à voir et à entendre! Carpenter égal à lui même, tout planqué derrière sa touffe de cheveux qu'il relève parfois pour nous faire apercevoir ce regard et ce sourire en mode "because I get high"
Et voilà les premiers titres d'Around the Fur, et le pogomètre s'affole méchamment! Le Trianon, en plus d'être une très jolie salle est, en terme de taille, vraiment le genre de salle que j'adore! Le pied intégral continue, ce d'autant que dès les premiers accords de Poltergeist, nous avons atterri direct au milieu et bien devant!
Chino s'empare de sa guitare pour la première fois de la soirée, Rosemary est un vrai moment de grâce tant sur disque que sur scène, une splendeur
Le pogomètre s'affole à nouveau, Rocket Skates et son riff frénétique se charge de nous rappeler que Deftones sait balancer du très lourd quand il faut! Après un CMD/CTRL bien heavy comme il faut, ça se recalme avec Sextape là encore magnifiquement exécutée. Bon les midinettes de 16 ans à ma gauche kiffent à fond, ça me fait rire, autant que leur disparition soudaine des premiers rangs lorsque que la folie gagne à nouveau le public avec Feiticeira! Punaise, y en a qui ont envoyé du steak sur ce titre que je ne pensais pas si propice aux roulements d'épaules et autres joyeusetés pogoesques

Tout comme le titre suivant, un superbe Passenger dans notre face qui fait encore grimper la température d'une fosse proche de l'ébullition!

Mais le tout se fait dans un très bon esprit, vraiment très appréciable. Le groupe calme à nouveau le jeu avec Entombed et Tempest de toute beauté et je pèse mes mots! Avant de balancer à la face de tout le monde le monstrueux riff de bûcheron de Swerve City, une chanson définitivement taillée pour le live, le pogomètre atteint un nouveau maximum!
Daï The Flu est dédicacée à Chi. Son remplaçant (permanent...) est parfaitement intégré évidemment depuis belle lurette et surtout il a une de ces bananes sur scène! Ah il est heureux, il kiffe et ça se voit!
L'intro de Headup retentit, un pit commence à se former, ça va péter et pas qu'un peu... je me retrouve en bordure du truc et là... instinct de survie. Très vite je me dis "casse toit de là! recule ne serait-ce que d'un rang, juste pour ne pas être parmi ceux qui forment le bord du truc et qui dans qqs secondes vont se précipiter les uns contre les autres et pas gentiment", pas trop mon truc ces choses là... Je jumpe, je joue gentiment des épaules mais ça ne va guère plus loin j'avoue. Le circle/mosh pit, non merci!J'ai tout juste le temps de m'écarter quand Abe matraque sa batterie pour donner le vrai coup d'envoi du morceau. Comme prévu, les fous furieux du pit se déchaînent, je vois ça de tout près, c'est assez impresionnant je dois dire. En tout cas ça m'impressionne plus qu'il y a 10/15 ans, trop vieux pour ces conneries on dirait

Sur ce titre, le chanteur de la première partie fera une apparition.
Chino fait mine de demander à l'assistance quelle chanson elle veut, s'en suit évidemment un très prévisible brouhaha où les titres des chansons (un par membre du public ou presque) fusent, s'entrecroisent et se perdent dans un bruit en forme de bouillie... Ca dure qqs secondes, Chino lance un "ok!" assuré et enchaîne dans la seconde avec Change (in the house of flies)

Un des titres où la patte de Frank Delgado est patente (épatante!), un Delgado bien plus audible que lorsque j'ai vu le groupe les deux premières fois et qui donne cette ampleur incomparable au son des Californiens.
Après le pogomètre, c'est le jumpomètre qui va entrer en action et passer dans le rouge sur la terrible Bloody Cape! Le sol du Trianon en tremble encore!
Le rappel est l'occasion d'enfin sortir qqs morceaux d'Adrenaline, les furieux Engine N°9 et 7 Words qui feront exploser une dernière fois la fosse et pas qu'un peu! La folie est générale sur le dernier titre!
Fin!
C'était énorme tout simplement et à la hauteur de mon attente ô combien grande! Un immense merci à mon pote David pour le dégotage de places et à Deftones pour nous donner tant sur disque et en concert
Euh... stop là...
