Oblomov d'Ivan Gontcharov.
Un bon roman russe, même si assez inégal. Dostoïevski parvenait à rendre les moments sirupeux utiles au récit ; ici c'est parfois un peu lourd, un peu excessif. Par contre faut vraiment supporter les bouquins où il ne se passe strictement rien (ce qui est mon cas

). L'oisiveté du héros est merveilleusement rendue.
- Pourquoi n'êtes-vous pas gai?
- Je ne sais pas, Olga Serguéevna. Pourquoi serais-je gai? Et comment?
- Occupez-vous, soyez plus souvent en société.
- M'occuper! Pour s'occuper il faut avoir un but. Et quel est mon but à moi? Je n'en ai pas.
- Vivre, voici le but.
- Quand on ne sait pas pourquoi on vit, on vit n'importe comment, au jour le jour; on se réjouit de chaque journée passée, de chaque nuit venue noyer dans le sommeil l'ennuyeux problème de savoir pourquoi on a vécu cette journée et pourquoi vivra-t-on demain.
Elle l'écoutait en silence, le regard sévère; ses sourcils rapprochés exprimaient la gravité, dans la ligne de ses lèvres serpentait l'incrédulité ou le mépris...
- Pourquoi vivre! répéta-t-elle. Est-ce que l'existence peut être inutile?
- Elle peut l'être. La mienne, par exemple, dit-il.
- Vous n'avez toujours pas trouvé le but de votre vie? demanda-t-elle en s'arrêtant. Je ne vous crois pas : vous vous calomniez. Si c'était le cas, vous ne seriez pas digne de vivre.
- J'ai déjà dépassé le lieu où on le trouve, et devant moi je ne vois rien.
J'ai téléphoné à Stutz.